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Le Visiteur
revue critique
d’architecture
Le dernier
bulletin
de la SFA

Prix Henry Jacques Le Même
La Société Française des Architectes a le plaisir de vous annoncer le lancement du Prix Henry Jacques Le Même

Cliquez ici pour accéder au règlement du concours

"Alors qu’il se trouve une abondance de textes remarquables sur la ville ou le paysage, sur l’art en général et la peinture en particulier, les textes de valeur sur l’architecture restent rares. La critique tend à se rétracter autour de l’actualité des objets et peu d’auteurs se confrontent au fait architectural construit, dans tout son déploiement. La Société française des architectes a donc décidé de créer un prix périodique afin de récompenser des textes qui, dans la tradition de la revue de la Société, Le Visiteur, soient capables par la force de la fiction narrative ou illustrative de rendre compte du réel, de la « visite » d’une situation construite et fassent ainsi de la critique un projet. Ces textes auront pour objet l’analyse, la compréhension fine ou la mise en valeur d’une situation construite. Il pourra s’agir d’un bâtiment, d’un lieu ou d’un paysage marqué par l’architecture, d’un site ou d’un projet, qu’il soit connu ou reste à découvrir. Comment rendre par la fiction le réel plus présent au monde, c’est l’enjeu même du concours : « l’architecture à la lettre ». Il est attendu pour cela une expression originale, qu’elle soit écrite ou illustrée.Ce concours est organisé par la Société française des architectes afin d’honorer la mémoire d’Henry Jacques Le Même (1897-1997), membre et bienfaiteur de la société. Il est destiné aux étudiants – notamment en architecture, aux architectes et à ceux qui interviennent sur le cadre bâti ou paysager, mais également aux curieux, à tous ceux qui s’intéressent aux lieux et qui souhaitent les raconter."

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La Société Française des Architectes vous invite à signer, diffuser cette pétition en ligne

Cliquez ici pour accéder à la pétition

A l’heure où des évènements inquiétants confirment l’urgence d’agir pour l’intégration et l’égalité des territoires, à l’heure où vous, élus et personnalités politiques,  exprimez la nécessité de garantir un aménagement du territoire meilleur et plus durable, nous, professionnels de l’urbain, de la construction du cadre bâti et paysager, dénonçons la diminution des actions et des moyens mis en œuvre qui va à l’encontre de cet objectif.

Notre environnement naturel et urbain (paysage, logement, équipements publics, ville et campagne…), est de moins en moins bien maîtrisé. La financiarisation, au nom d’une efficacité du court terme, dévoie la commande publique. La vision technocratique du développement durable, la  surenchère et la superposition de normes, de labels et de certifications engendrent d’importants surcoûts pour des résultats insuffisants.

Sous couvert d’une optimisation des budgets, on diminue les moyens et les temps nécessaires à la planification et à l’anticipation, à la réflexion et à la programmation en amont des projets,  à la prise en compte de la parole de l’usager, conditions indispensables pour garantir la qualité des réalisations et la maitrise des coûts sur le long terme.

Le principe de l’intérêt général cède la place à des logiques économiques qui détruisent les conditions du bien vivre ensemble.  Cette financiarisation porte atteinte aux conditions d’exercice de nos métiers, contraint notre indépendance et notre liberté de conscience en nous mettant dans l’incapacité d’assumer pleinement nos missions, et détruit nos métiers, entraînant la disparition de PME, d’emplois, de savoirs et, finalement, une perte de qualité du cadre de vie.

C’est pourquoi nous, professionnels de la ville et des territoires (urbanistes, programmistes, architectes, paysagistes, environnementalistes, ingénieurs) alertons les pouvoirs publics sur la nécessité de remettre au cœur des dispositifs d’aménagement et de construction du cadre bâti les moyens nécessaires aux  prestations intellectuelles, au service d’un développement durable bien compris.

Nous appelons les pouvoirs publics à prendre conscience de nos préoccupations pour la préservation de l’intérêt général et la qualité de vie de nos concitoyens. Nous défendons la dimension culturelle de nos métiers et demandons l’ouverture d’un dialogue afin de promouvoir, à vos côtés, une conception humaniste et éthique des projets d’aménagement du territoire et du cadre bâti.

A propos des associations signataires :


L’ACAD (Association des Consultants en Aménagement et Développement des territoires), le CINOV SYPAA (Syndicat des Programmistes en Architecture et Aménagement), la FFP (Fédération Française du Paysage), la SFA (Société Française des Architectes) et la SFU (Société Française des Urbanistes) regroupent ensemble la majeure partie des acteurs privés de l’aménagement du territoire et du cadre bâti.

Contact presse :

cadredevieendanger@gmail.com

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RÉORGANISATION DE LA COMMANDE PUBLIQUE


Nous diffusons ci-dessous le communiqué du Conseil Régional de l'Ordre des Architectes d'Ile de France (CROAIF).

La SFA soutient également la position du Conseil National de l’Ordre des Architectes (CNOA) et de la Mission Interministérielle pour la Qualité des Constructions Publiques (MIQCP) :

Pour le maintien des concours de maitrise d'œuvre, seuls garants de la qualité architecturale, environnementale et urbaine des projets.

Cliquez ici pour lire le communiqué


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COMMUNIQUE UNSFA - DpA - SFA du 22 Janvier 2015


Depuis plusieurs décennies la dimension humaine et culturelle de l’Architecture est bafouée, au profit d’intérêts marchands. Les conditions d’exercice des architectes n’ont cessé de se dégrader.


Forts de ce constat, les architectes par leurs syndicats, représentants, associations et étudiants se sont réunis le 22 Janvier 2015 au Conseil Economique Social et Environnemental à Paris, pour interpeller le Président de la République, garant de la Loi sur l’Architecture pour qu’il confirme l’intérêt que la Nation porte à son patrimoine et à la qualité de la réalisation de son cadre de vie.


Les architectes dénoncent :
* les atteintes permanentes à la loi MOP
* les atteintes récurrentes aux seuils de recours
* l’arsenal de textes toxiques : loi Macron, loi sur la transition énergétique, transposition de la directive des marchés publics...



Les architectes refusent le processus de destruction de l’exercice de leur profession


Les architectes se mobilisent pour :
*  Le maintien et la stricte application de la Loi de 1977 sur l’Architecture qui affirme que la création architecturale est  d’intérêt public et l’expression de la culture
* La confirmation de la Loi MOP, comme garante d’une production de qualité, et son extension à l’ensemble des marchés
* Refuser la disparition de l’indépendance de la fonction d’architecte, trahie par les conceptions réalisations, les PPP, les Semop, etc.
* Pour qu’ils soient reconnus comme des acteurs indispensables de la rénovation globale, et de la loi sur la transition énergétique
* Pour une juste rémunération à hauteur de leurs compétences et de leurs responsabilités
* Pour un diplôme unique intégrant l’habilitation à la maîtrise d’œuvre
* Pour une tutelle à la hauteur des enjeux


Ils appellent tous les architectes et les étudiants en architecture à se mobiliser pour un rassemblement national, pour exprimer aux pouvoirs publics leurs attentes quant à l’avenir de leur profession.


Les organisations associations professionnelles présentes décident de se constituer en comité de préparation à cette conférence.


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MOBILISATION du 22 janvier 2015


Chères consœurs, chers confrères,


Les évènements de la semaine dernière et la mobilisation de millions de personnes ce week-end modifient totalement le contexte dans lequel l’UNAPL et nos organisations professionnelles avaient lancé un appel à manifester contre la loi Macron.

En conséquence, cette manifestation est suspendue, mais nous restons mobilisés contre les articles des différents projets de Loi et ordonnances qui portent atteintes à notre liberté d’exercer.

Ce sont les architectes qui avaient le plus avancé sur cette mobilisation, nous vous en félicitons et vous en remercions. Mais nous n’avons ni la logistique ni les moyens d’organiser seuls une manifestation en quelques jours, avec la sécurité qu’il faudrait mettre en place dans le cadre de Vigipirate niveau “alerte attentat”, et, surtout, comment serait-elle perçue par le public ?

Néanmoins, l‘Unsfa, DPA et la SFA ont décidé de maintenir cette mobilisation du 22 janvier, et nous vous invitons de 13h30 à 18h à un rassemblement / débat sur l’état de la profession au Palais d’Iéna (Conseil Économique, Social et Environnemental), 9 place d’Iéna 75016 Paris - salle 301.

Nous vous informerons de toutes les menaces et atteintes qui mettent notre métier en danger, et nous essaierons tous ensemble de faire ressortir un ensemble de réflexions qui sera le support de notre action auprès des pouvoirs publics. 

Nous les présenterons à la presse à l’issue de cette réunion.

Il s’agit non seulement de l’avenir des architectes, mais également du cadre de vie que la société veut proposer à nos concitoyens.

Voilà pourquoi nous devons rester vigilants.


Nous comptons sur votre participation pour que cette journée reste un moment fort de la profession.
 
Attention : l’entrée se situe au n°1 avenue d'Iéna (en face de l’Aquarium du Trocadéro) et l’accueil se fera à partir de 13h30.


Pour des questions de sécurité (VIGIPIRATE), vous devez absolument :


- vous inscrire (1) en cliquant ici pour participer à ce débat


- venir au Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) muni d’une carte d’identité.



Et en attendant de pouvoir le faire de vive voix le 22, nous vous présentons tous nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année dont les débuts ont été très difficiles




Confraternellement


Marie-Françoise Manière, présidente de l’Unsfa
Emilie Bartolo, présidente de DPA
Pascal Q. Hofstein, président de la SFA




(1 ) – dans la limite des places disponibles


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ARCHIVES

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La Société Française des Architectes rend hommage aux victimes de l’acte de barbarie du 07 Janvier 2015. Restons unis contre tous les terrorismes, ennemis de la Liberté."


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Disparition d’Édith Girard

La Société Française des Architectes a la douleur d'annoncer la disparition de notre consœur Edith Girard.


Edith avait participé à notre dernier colloque du mois de mai, Le silence habité des maisons : elle fit de son intervention une magnifique leçon d’architecture.


Virtuose du logement et de son paysage, Edith construisait de beaux bâtiments. Ils resteront, tous empreints de cette générosité qui n'appartient qu'aux grands, de cette capacité qu'a l'espace du logement à devenir un ordinaire poétique.


Engagée dans l'enseignement depuis presque quarante ans, membre fondatrice du groupe UNO, elle a contribué à former des générations d'architectes qu’elle aura passionnés. Ils pourront témoigner de la qualité de sa pédagogie et de son goût du projet, là où, pour la citer « se rejoignent l’étudiant et l’enseignant pour saisir ces rares instants de bonheur et goûter, au plus profond du travail, à “ la vacance exquise de soi ” ».
 


Pascal Q. HOFSTEIN, Président


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IN RESPONSE TO THIS VANDALISATION OF RONCHAMP WILLIAM J.R. CURTIS WRITES......


L'AFFAIRE DE RONCHAMP : UN VANDALISME PEUT EN CACHER DEUX AUTRES....19/01/2014, WILLIAM J.R. CURTIS


In reaction to the recent vandalisation of Le Corbusier's masterpiece, the chapel of Notre-Dame du haut, Ronchamp, (1950-55), the well known british historian and critic William J. R. Curtis reminds us of the scandalous state of disrepair of the chapel (which is literally falling apart in places) and of the destructive impact of the project by Renzo Piano for a convent and entrance pavilion which have in effect already vandalised the universal masterpiece of Le Corbusier.
Ronchamp vandalisé... un vitrail d'origine de Le Corbusier cassé etc


Oui … c'est lamentable... !!



Mais je signale qu'un vandalisme peut en cacher deux autres... (One vandalism can hide two others !!!)



La Chapelle, elle-même, est dans un état épouvantable… des morceaux de crépi tombant partout, des fentes, des craquelures, faute d'entretien normal... (the Chapel is literally falling apart and without normal maintenance...) Scandaleux !!



Puis il y a le vandalisme implicite dans le projet de Piano, de son paysagiste et bien sûr de son client, un projet qui a déjà détruit l'esprit du lieu et saccagé un paysage sacré... (voir mon article Ronchamp défiguré, D'Architectures, décembre 2012 ; see also William J.R. Curtis, Vandalism in the Land of Patrimony, Architectural Review, April, 2012 et Curtis, Ronchamp Undermined, Architectural Review, August, 2012 )



Pendant un demi siècle la Chapelle restait tranquille sur sa colline, l'entrée du site étant par une billetterie modeste dans cette baraque rose, et par un sentier de pèlerinage disons « normal » à travers un portail tout simple... pas grand chose pour attirer l'attention des malfaiteurs...



La construction récente de ce couvent pour une douzaine de religieuses Clarisses (les soi-disant Sœurs Pauvres) était supposée garantir la spiritualité du lieu, rappelons-nous !!



Mais en effet ce couvent de luxe dans un coin de la France excessivement et réellement pauvre, et ces appareils touristiques (billetterie grandiose, restaurant, librairie, barrière coulissante électrique, parking géant) ont dû attirer l'attraction des voyous cambrioleurs...


Les « Pauvres Clarisses » ont été peut être un peu trop ostentatoires !! Il en est de même pour cette « Association L’Œuvre de Notre-Dame du Haut » (soutenue par la Fondation Niarchos entre autres) qui est le propriétaire responsable du site de Ronchamp...


La Chapelle de Notre Dame du Haut entourée de spiritualité officielle ? Ou entourée de fric ? De toute façon beaucoup plus visible qu'avant...



Ronchamp est devenu une machine à sous... une histoire un peu typique de notre époque... un désir « d'enrichissement » (enrobé dans un discours religieux) menant directement à une dévalorisation culturelle, artistique et même spirituelle… le matérialisme est le gagnant dans cette affaire...



Ici et là dans la presse les suggestions d'une agression « communautaire », anti- Catholique etc etc



Je n'y crois pas…



Juste des pauvres cons essayant de cambrioler les caisses de la billetterie et de la librairie proche de l'entrée, puis frustrés, n'ayant pas réussis à y rentrer, sautant la barrière pour chercher un peu d'argent dans la Chapelle elle-même...


Frustrés de nouveau par les grandes portes fermées à clef  de la Chapelle ils ont dû casser la vitre irremplaçable peinte par Le Corbusier...



Frustrés encore une fois à l'intérieur en trouvant le tronc à quête vide, ils l'ont arraché et l'ont jeté vers l'extérieur…



Et puis ils sont partis...


Vandalisme oui... mais il y a pas mal de conditions, inclus un manque de vrai sécurité, qui ont fait de Ronchamp une cible, ce qui n'était pas le cas avant...



Triste histoire !!



Cordialement



William J.R. Curtis 


DERNIÈRES PUBLICATIONS SUR LE SUJET :


THE ARCHITECTURAL REVIEW - Vandalism and Neglect et Ronchamp - 22/01/2014 by William J.R. CURTIS

THE GUARDIAN
http://www.theguardian.com/artanddesign/architecture-design-blog/2014/jan/23/vandals-break-in-le-corbusier-ronchamp-chapel-scandal


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Hommages à Jocelyne Behrend




La spécialité de l'Architecte
On devient un spécialiste parfois par hasard, parfois par défaut. Si le premier concours que l'on remporte est une École, la probabilité est grande d'être invité à concourir pour une deuxième. Dans le cas où celle-ci est un succès, on est en moins de deux ans un spécialiste du scolaire, ce qui a pour effet de garantir reconnaissance et visibilité.
Que Jocelyne Behrend soit devenue une professionnelle reconnue du projet hospitalier, l'ensemble de son œuvre le vérifie: Pôles de chirurgie, bâtiment de pédopsychiatrie, restructuration de services d'urgences, établissements pour personnes âgées, pour ne citer que quelques exemples.
La spécialisation guette l'architecte et l'affirme dans un domaine, peut importe qu'il soit choisi ou non, mais son périmètre et ses limites offrent la possibilité de l'architecture.
Cette possibilité, ce choix de transformer un champ d'action en œuvre architecturale a été le travail de Jocelyne. S'appuyer sur une pratique de la construction du bâtiment hospitalier pour réaliser, enfin,  que la spécialité d'un architecte n'est pas le type de bâtiment qu'on lui commande mais la façon dont il s'en saisit.
"L'actualité d'une œuvre d'art n'est pas nécessairement d'avoir été créée aujourd'hui, mais d'être regardée aujourd'hui.  La modernité en fait en quelque sorte la démonstration "physique"; elle n'est pas dans la matière, mais dans la manière." Ecrivait Josyane SAVIGNEAU, dans le quotidien Le Monde, 14 Février 1997.
La manière dont Jocelyne Behrend a soignée l'architecture de l'équipement hospitalier est devenue sa spécialité: Espaces ouverts et lumineux, circulations amples et généreuses, jardins intérieurs et patios secrets.
Chaque édifice relève ce défi: Si le but de l'hôpital est de soigner, de délivrer le patient de sa souffrance, de le guérir, alors celui de l'architecte est de l'accompagner, de le soustraire à l'univers de sa maladie, de lui faciliter sa traversée dans la convalescence.
"L'architecture participe à soulager les corps et à rassurer les esprits" écrivait Jocelyne.
Soulagement certes, mais plus encore.
Rendre l'homme serein dans le contexte de sa guérison c'est lui prolonger le temps que son corps lui a volé, lui rendre dignité et horizon.
 
Pascal Q. HOFSTEIN, Président de la Société Française des Architectes


Du milieu du XVIIème siècle, construction de la Salpêtrière, au milieu du XXème, les français ont été soignés dans, à peu près, les mêmes bâtiments.
Après la seconde guerre, vint la politique des modèles et il fallut attendre la fin des années 80, pour que l'architecture et la démocratie entrent à l'hôpital.
Je ne dis pas que de Libéral Bruant à Jocelyne Berhend la conception architecturale n'a pas évolué mais il a vraiment fallu attendre les 20-30 dernières années pour que l'architecture hospitalière sorte de son ghetto et que des architectes des plus talentueux s'en emparent.
Jocelyne a fait partie de ceux-là qui se sont battus pour imposer la qualité architecturale comme une priorité dans un monde tenu entre la prééminence du projet médical et la gestion comptable de la santé.
L'affrontement des deux Pritzker Prize à l'hôpital Necker a dû la faire sourire.
Je peux vous garantir que pour passer des "machines à soigner" à une architecture d'aménité tels que se présentent les projets de Jocelyne, il faut, en plus du talent, une énergie considérable.
Pour imposer ce type de préoccupation, dans une société en crise, à des maîtres d'ouvrages ramenés à des comptables, il faut un charisme et une autorité légitimés par le seul respect de ses commanditaires. Et pour mener à bien ces projets qui, toujours, s'éternisent il faut fabriquer une équipe fidèle que l'on appelle un atelier d'architecture.
Je ne vais pas vous faire défiler l'ensemble de l'œuvre de Jocelyne. D'abord, parce que nous n'aurions pas le temps de voir les 70 projets construits, dessinés pendant presque 25 ans par l'agence. Ensuite, si la SFA, qu'elle aimait tant, m'a demandé de présenter son travail, c'est pour notre amitié mais, aussi, pour essayer d'entrevoir ensemble ce qui en fait une œuvre originale et un apport précieux à notre discipline.
Aussi, j'ai assemblé ici quelques projets construits (Berhend n'a pas beaucoup de perte entre la conception et la réalisation car elle a su fabriquer l'outil de production nécessaire), pour essayer de transcrire dans ce choix non pas le discours de Jocelyne mais un certain nombre de ses préoccupations ou hypothèses de travail récurrentes. En clair: son ambition.
Le dessin exigeant des choses, d'une manière générale.
La figure comme organisation d'un paysage.
Le travail généreux sur la limite qualifiant une architecture hétérogène, souple et ouverte au dialogue.
La dislocation de la ligne, dans des dispositifs opposés, transparence des pilotis ou sous-bassement ancré, murs de pierres et portiques en skyline, adoucis par la courbe ou l'oblique.
La dialectique des matériaux, le contraste des matières, l'agencement des couleurs, l'opposition horizontalité externe et verticalité intérieure, plasticité de la lumière au service des usagers.
 
Jean-Luc Perez, Administrateur de la Société Française des Architectes

CONSTRUIRE UN HÔPITAL !
Consacrer sa pensée, son action, sa vie aux bâtiments destinés à accueillir des malades, c’est une destinée qui rend compte d’une empathie extrême pour les souffrances de la nature humaine. Il semble que cela ait été la destinée de Jocelyne. Depuis que les hommes sont à même de rendre compte de leur histoire, la maladie est présente dans leurs récits. Pour autant, elle n’a pas été de prime abord un « sujet d’architecture ». Dans les prémices de cette courte histoire, l’hospice y figure plus comme un lieu de compassion et de mise en commun des maux et des souffrances qu’un lieu de soin. L’ignorance de la prophylaxie y a même été sans doute responsable d’aggraver l’état sanitaire des hôtes plutôt que de concourir à les soigner – ce que personne ne savait faire.
Plus tard, au temps de la construction de la science médicale, ce lieu de la compassion sera remplacé par un lieu des « quarantaines » juxtaposées, installées en autant de pavillons que de pathologies groupables autour d’un secteur défini de la science médicale. Ces lieux nous semblent aujourd’hui pensés d’abord comme des hôtels (des Invalides par exemple) puis comme des villes pour malades, gouvernées par des soignants, implantées aux confins de l’autre ville, celle des citoyens en bonne santé.
Il faut attendre le monde moderne et l’avènement de la théorie « fonctionnaliste » pour soit posée à l’architecture la question du lieu des soins et des malades comme un problème d’organisation spatiale : décomposition des actes médicaux en espaces dédiés, classification des circuits en fonction des personnes les utilisant, hébergement approprié aux diverses pathologies. De cette pure théorie sortira notamment en 1929 le projet emblématique du Sanatorium d’Alvar Aalto à Païmio dont la réalisation s’achèvera en 1933 (ce qui en fait un bâtiment tout à fait contemporain du Pavillon Suisse ou de l’Armée du Salut de Le Corbusier).
Mais alors, la question du malade, du patient, du souffrant, isolé de son milieu et livré au monde médical va-t-elle, à cause de cette approche d’une sorte de « machine à soigner », s’effacer devant les lieux de la technique d’intervention sur la maladie ?
A sa façon, Le Corbusier y répondra en 1964 dans sa lettre au Docteur Ottolenghi, Président de l’Hôpital Civil de Venise :
« …
Un hôpital est une maison d’homme, comme le logis est aussi une « maison d’homme ».
La clef étant l’homme : sa stature (hauteur ; la marche (l’étendue) ; son œil, son point de vue, sa main sœur de l’œil. Tout le psychisme y est attaché en total contact.
Ainsi se présente le problème. Le bonheur est un fait d’harmonie.
… »
Un rappel, un message à la structure soignante autant qu’aux architectes, qui remet la question du patient au centre de cette pensée sur l’espace, qui rappelle, pour citer Augustin Berque, que :
« …
l’architecture, continuant la poétique de la Terre, ne peut exister que dans le déploiement spatio-temporel de ses formes au-delà de l’identité », qui précise aussi : « Comme le paysage elle tend vers l’esprit tout en ayant substance. 
… »
Et je pense que c’est là que nous retrouvons Jocelyne : dans cette idée que l’Hôpital est dédié au patient, qu’il en est lui-même le sujet et que la machine de santé qui fonctionne autour de lui, aussi efficace que discrète, est avant tout l’équipement nécessaire à accompagner son passage temporaire en ces lieux et à préparer son retour parmi les siens.



Laurent Salomon, 1er Vice-président de la Société Française des Architectes


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Disparition de Benoît Peaucelle


Les membres de la SFA ont la douleur de vous faire part de la disparition de leur ancien Président et ami Benoît PEAUCELLE.
Benoît PEAUCELLE est décédé le 1er mai 2013 dans sa 56ème année.
Il avait adhéré à la SFA en 1986, en était devenu administrateur dès 1988  et puis Président de 2000 à 2002  ainsi que 1er Vice-président de 2003 à 2008. Ses parrains étaient Michel Marot et Gilbert Picquenard.
A la fois Architecte DPLG, Ingénieur des Travaux Publics, Docteur en Histoire de l’Art et Ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome, il avait, en 1988,  fondé avec Christian Lévy l’atelier « Levy Peaucelle Associé ». Créateur du groupement d’intérêt économique européen d’architecture « Perspective » en 1993, il avait enseigné l’Architecture à l’ESTP de 1992 à 2000. Fondateur puis Gérant d’Urbapam (urbanisme – aménagement – paysage), administrateur de l’Afex (Architectes français à l’export), membre du groupement Paris-Ouest du Mouvement Européen, son engagement dans les enjeux de l’Architecture faisait de lui une personnalité marquante du paysage professionnel. Sa grande culture l’avait porté à privilégier dans son œuvre les restaurations d’immeubles anciens comme l’Ambassade de France à Madrid. En 2009, il s’était installé à Strasbourg, ville qui accueillait une autre de ses réalisations les plus significatives : la restauration de la « Cour du Corbeau ».
Toutes nos pensées vont à son épouse, ses filles, ses parents, ses frères, ses sœurs et tous ses proches.
 

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PATRIMOINE : QUELLE MÉMOIRE POUR QUELLE HISTOIRE ?


Roma non uno die aedificata est
Dans les années 70, sous l’impulsion d’architectes assumant une approche politique de leur art, l’architecture dite « moderne » s’est engagée dans un réexamen critique de la production des années 60, ce qui lui a permis d retrouver des racines urbaines. Prolonger la « ville européenne » devenait ainsi une part de son projet. A la pointe de ce mouvement se retrouvaient les principaux auteurs de ces logements sociaux le plus souvent situés dans les « banlieues  rouges ». La recherche typologique y prenait en charge de façon conjointe et structurée les questions de la nature du logement social et de sa capacité à constituer l’urbain. L’essentiel des œuvres qui font aujourd’hui date et références au sein de la plupart des écoles d’architecture ont été réalisées par ce courant de pensée. Il y avait là évidemment, au premier rang de ces bataillons de chercheurs : l’A.U.A. de Bagnolet et l’Atelier de Montrouge. Pourquoi citer ici ces deux ateliers ?
Parce que c’est au travers des œuvres de Jean Renaudie que ce patrimoine a d’abord été attaqué en 2002 quand la Sablière envisagea une démolition partielle du projet de Villetaneuse, projet de démolition abandonnée grâce à l’intervention d’une association et des élus locaux. Aujourd’hui vient le tour d’une œuvre de Paul Chemetov, ce dernier, n’en déplaise au journal « le Monde », n’étant pas plus russe que Frédéric Edelmann, auteur de l’article du 6 juin 2012, n’est allemand[1]. Ainsi, l’actuelle équipe municipale de Courcouronnes envisage la destruction du bâtiment de centre-ville réalisé par Chemetov en 1983. Comme quoi l’histoire n’apprend rien aux politiques de courte vue. Une de leur génération antérieure – magnifiquement « éclairée » par le cynisme des potentats du corps des Ponts et Chaussées – avaient inventé les « Grands Ensembles ». Aujourd’hui arrive un nouveau cru de génies de l’aménagement qui, légitimés par une décentralisation inachevée, veulent détruire ce qui a précisément été créé pour corriger les conséquences urbaines du désastre précédent. Comme si la ville n’était qu’un tas d’édifices sans substance humaine, comme si le territoire n’était que de l’espace disponible, un produit de consommation sans histoire ni mémoire… sans culture. Comme si ne devait être considéré dans l’histoire d’une ville que les édifices inscrits à l’inventaire des monuments historiques. Depuis quand l’histoire sociale appartient-elle aux « ingénieurs culturels » dont les responsables politiques ne seraient que des faire-valoir ? Les villes sont des territoires habités dont les occupants sont le sujet, avec leur histoire, leur mémoire, leurs espoirs. Paysage urbain et architecture en sont les témoins. Effacer la mémoire de certains plutôt que d’autres est un acte politique.
Quand donc cette démocratie titubante, bardée de spécialistes souvent bornés, cessera-t-elle d’inventer de nouvelles stupidités en prétendant qu’elles sont les « seuls moyens » de corriger les conséquences des précédentes ?
Il serait heureux que le maire de Courcouronnes s’inspire de certains de ses collègues qui, pour avoir aussi de grandes ambitions de transformations urbaines, savent trouver des solutions intelligentes pour transformer un patrimoine existant au service d’un projet nouveau plutôt que de le détruire. Dans ce cas, ils savent se rapprocher des architectes ayant conçu les projets à transformer, ils leur exposent leurs nouveaux objectifs urbains et les sollicitent pour proposer une transformation du patrimoine permettant d’articuler le présent avec le futur souhaité. Ce processus est alors l’occasion d’une nouvelle jeunesse du projet original. Il démontre que le futur n’est pas la guerre contre le passé, que la mémoire n’est pas une maladie d’intellectuels : nos souvenirs sont aussi partie du sel de la vie.
Nous avons eu, pour notre part, la chance d’intervenir sur une de nos réalisations datant de vingt ans sous l’égide d’une municipalité partageant cette autre vision de l’histoire urbaine, du même bord politique que celle de Courcouronnes, nouvelle preuve que l’intelligence comme le courage n’ont pas de camp préétabli.




Paris, le 25 mai 2013.
Laurent Salomon
Président d’Honneur

[1] voir la légende de l’image – AFP/Julie Chabanas – illustrant l’article d’Edelmann sur le site du journal :  http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/08/06/un-immeuble-signe-paul-chemetov-est-il-sacre_1742938_3246.html (consulté le 27/05/2013).